Une histoire, un passé

De Charlemagne à Prosper Mérimée, une histoire marquée par d’illustres personnages.

Il faut remonter à l’époque carolingienne pour comprendre les origines de la fondation de l’abbaye de Saint-Savin. Louis le Pieux prie saint Benoît d’Aniane d’établir vingt moines dont il choisit l’abbé dans l’établissement monastique fondé, vers 800, avec le concours de Charlemagne. Placée sous la protection royale et régie selon la règle de saint Benoît, l’abbaye joue un rôle de premier plan dans l’histoire de la christianisation du Poitou. Elle accroît ses possessions à l’intérieur mais aussi en dehors même de ce territoire, dès le IXe siècle, pour figurer parmi les plus importantes abbayes de la région.

L’abbaye occupe alors une place éminente dans un monde monastique en plein renouveau. Les religieux de Saint-Savin réforment des lieux comme Saint-Martin d’Autun, Baume-les-Messieurs, Vézelay. L’un d’eux est même devenu abbé de Cluny. Au XIe siècle, la communauté bénéficie de la protection des comtes du Poitou. La comtesse Aumode, épouse du duc d’Aquitaine Guillaume le Grand, fait don d’une importante somme d’argent, en 1010, à la communauté des moines, qui reconstruit à cette période leur abbatiale. 

Si l’église romane est parvenue jusqu’à nous, les bâtiments conventuels n’ont pas pu résister aux ravages causés par les Guerres de Religion, au XVIe siècle. Tel qu’il nous apparaît aujourd’hui, le bâtiment monastique date de la période du relèvement de l’abbaye par les moines bénédictins réformés de l’ordre de Saint-Maur, c’est-à-dire des années 1680. La Révolution voit le départ des derniers moines et le service de la paroisse se trouve transféré à l’abbatiale, en 1792. L’église entre alors dans une longue phase de sauvetage initiée par Prosper Mérimée.